Notre méthodologie

Version de la méthodologie : 1er septembre 2026

Méthodologie express

Une lecture courte de l’essentiel.

TGTT cherche à répondre à des questions précises du débat public en s’appuyant sur les connaissances disponibles, sans déterminer à l’avance la conclusion à laquelle le travail doit aboutir. Rendre notre méthode publique permet à chacun de comprendre comment nous travaillons, quels choix nous faisons et quelles limites subsistent.

Chaque sujet commence par une question clairement définie : les termes, la période, le territoire, les populations étudiées et les limites du périmètre sont précisés avant la recherche. Nous distinguons également ce que les sources permettent d’établir de ce qui relève d’un choix politique, moral ou éditorial.

Nous recherchons ensuite largement les travaux pertinents, y compris ceux qui contredisent ou nuancent les résultats dominants, en remontant autant que possible aux sources originales. Une publication souvent citée ou issue d’une institution reconnue n’est pas retenue pour cette seule raison : sa pertinence, sa méthode, ses données, ses hypothèses, ses limites et son indépendance sont examinées.

Chaque source finalement intégrée au corpus est lue dans son intégralité. Les résultats importants sont documentés avec leur contexte — population, période, territoire, méthode, hypothèses et emplacement précis dans le document — afin d’éviter qu’un chiffre ou une conclusion soit détaché des conditions dans lesquelles il a été produit.

Les sources sont ensuite comparées ensemble. Leur convergence ne fonctionne pas comme un vote : plusieurs publications reposant sur les mêmes données ou la même famille de recherche ne constituent pas autant de confirmations indépendantes. Les désaccords, incertitudes et limites sont conservés lorsqu’ils ne peuvent pas être résolus.

Enfin, chaque conclusion importante doit pouvoir être reliée à des éléments précis du corpus puis retrouvée dans les sources originales. Si elle ne peut pas être suffisamment documentée, elle doit être reformulée, affaiblie ou supprimée.

Méthodologie complète

La méthode détaillée, de la définition de la question à la publication.

Introduction — Pourquoi rendre notre méthode publique ?

TGTT cherche à rendre accessibles les connaissances disponibles sur les grandes questions du débat public. Chaque sujet part d’une question précise, à laquelle nous essayons de répondre en nous appuyant sur un corpus de sources sérieuses — et non sur une conclusion déterminée à l’avance.

La réponse obtenue dépend forcément des sources sélectionnées, de la manière dont elles sont comprises et du poids accordé à chacune. Rendre notre méthode publique permet donc à chacun de savoir comment nous travaillons et de juger par lui-même le degré de confiance qu’il souhaite accorder à nos conclusions.

Notre travail repose sur deux engagements fondamentaux.

D’abord, les sources sont sélectionnées selon une procédure rigoureuse. Nous recherchons les travaux les plus pertinents pour répondre à la question posée, en privilégiant autant que possible les recherches originales, les méthodes solides, les données vérifiables et les résultats contradictoires.

Ensuite, l’équipe TGTT réalise et assume l’ensemble du travail : elle définit la question, organise la recherche, sélectionne les sources, analyse leurs méthodes, compare leurs résultats, effectue les arbitrages nécessaires et rédige les conclusions. Chaque source définitivement intégrée au corpus est lue dans son intégralité par au moins un membre de l’équipe.

Cette méthodologie n’est pas figée. Elle s’est affinée grâce à notre premier sujet pilote et continuera d’évoluer à partir des difficultés rencontrées lors des prochains travaux. Toute évolution importante pourra être expliquée et datée sur cette page.

TGTT cherche à se rapprocher autant que possible de l’exhaustivité : notre objectif est de ne laisser de côté aucune étude majeure susceptible de confirmer, de nuancer ou de contredire nos conclusions. Une exhaustivité absolue ne peut toutefois jamais être garantie. Publier notre méthode doit précisément permettre au lecteur de comprendre comment le corpus a été construit, sur quelles sources repose notre réponse et quelles limites subsistent.

I — Définir précisément la question

Un sujet TGTT peut partir d’une affirmation entendue dans une conversation, d’un chiffre largement partagé, d’une déclaration politique ou médiatique, ou directement d’une question du débat public.

Ce point de départ ne constitue pas encore une question de recherche. Une affirmation comme « cette politique fonctionne » ou « ce phénomène coûte cher » peut recouvrir plusieurs réalités. Que signifie « fonctionner » ? Quel coût cherche-t-on à mesurer ? Pour quelle population, sur quelle période et par rapport à quelle situation de référence ?

La première étape consiste donc à transformer le sujet initial en une question précise, dont la formulation n’impose pas déjà la réponse. Les principaux termes sont définis, ainsi que le territoire, la période, les populations et les effets étudiés. Lorsque la question est trop large, elle est divisée en plusieurs sous-questions.

TGTT distingue également les questions factuelles des choix politiques ou moraux. La recherche peut mesurer les effets d’une politique, comparer plusieurs situations ou établir l’état des connaissances disponibles. Elle ne peut pas déterminer, à elle seule, les objectifs qu’une société devrait poursuivre ni les valeurs qu’elle devrait privilégier. TGTT se réserve toutefois la liberté d’exprimer un avis ou de défendre une position. Lorsque c’est le cas, cet avis est clairement présenté comme celui de l’équipe TGTT et séparé des conclusions issues du corpus, afin d’éviter toute confusion.

Ce cadrage permet aussi de préciser ce que le travail ne cherchera pas à établir. Délimiter un sujet ne consiste pas à ignorer volontairement certaines dimensions, mais à éviter de mélanger plusieurs questions auxquelles les sources ne répondent pas de la même manière.

À l’issue de cette étape, TGTT établit un document de cadrage comprenant la question principale, les définitions retenues, les sous-questions nécessaires et les éléments laissés hors du périmètre. Ce cadre guide ensuite la recherche des sources. Il peut évoluer si leur lecture révèle une ambiguïté ou une distinction indispensable, mais toute modification importante doit être identifiée et justifiée.

II — Rechercher largement les sources candidates

Une fois la question définie, TGTT réalise une recherche large des sources susceptibles d’y répondre. Cette étape ne consiste pas encore à constituer le corpus définitif, mais à établir une liste aussi complète que possible des travaux pertinents.

La recherche porte en priorité sur les études scientifiques et institutionnelles directement consacrées au sujet. Elle inclut les travaux empiriques fondés sur des données, les modèles produisant des estimations originales, les revues de littérature, les comparaisons internationales et les publications utilisant des méthodes différentes. Les recherches récentes sont prises en compte, mais les travaux plus anciens restent inclus lorsqu’ils ont joué un rôle fondateur ou continuent de structurer le débat scientifique.

TGTT recherche également de manière active les travaux qui contredisent, nuancent ou critiquent les résultats dominants. Une contradiction ne correspond pas nécessairement à une opposition politique : elle peut porter sur le résultat obtenu, son ordre de grandeur, la population étudiée, la période retenue ou la méthode employée. L’objectif n’est pas de représenter artificiellement deux camps, mais de ne pas écarter une conclusion pertinente parce qu’elle est minoritaire ou dérangeante.

Pour chaque résultat important, TGTT cherche à remonter jusqu’à la source originale. Un article de presse, un rapport de synthèse ou une publication de vulgarisation peut aider à découvrir ou à comprendre une étude, mais ne remplace pas le travail dont provient l’information. Plusieurs publications répétant le même résultat ne constituent pas plusieurs preuves indépendantes.

Les bibliographies et les citations sont donc utilisées pour reconstruire le parcours de l’information. Lorsque plusieurs documents reposent sur les mêmes auteurs, les mêmes données, le même modèle ou une même estimation initiale, ils sont regroupés dans une même famille de recherche. Cette distinction évite de confondre la répétition d’un résultat avec sa confirmation par des travaux indépendants.

Les sources non académiques — rapports administratifs, publications de laboratoires d’idées, articles de presse ou commentaires méthodologiques — ne sont pas automatiquement exclues. Leur rôle doit cependant être identifié : produire un résultat original, synthétiser des recherches existantes, formuler une critique, documenter une controverse ou simplement relayer une information. Elles ne reçoivent pas toutes le même poids.

À l’issue de cette recherche, TGTT établit un inventaire des sources candidates précisant notamment leur auteur, leur date, leur nature, leur objet, leur méthode générale, leur relation éventuelle avec d’autres travaux et leur pertinence pour la question posée. Cet inventaire sert ensuite de base à la sélection rigoureuse du corpus définitif.

III — Sélectionner et délimiter le corpus

À partir de l’inventaire des sources candidates, TGTT constitue un premier corpus de travail. Une source n’est pas retenue simplement parce qu’elle est souvent citée ou qu’elle provient d’une institution réputée. Elle doit apporter une contribution utile et identifiable à la question étudiée.

La sélection prend notamment en compte la pertinence de la source, l’adéquation de sa méthode à la question posée, la qualité et la transparence de ses données, la clarté de ses hypothèses, la période et la population étudiées, ainsi que la possibilité de comprendre et de vérifier le raisonnement suivi. La présence de tests de sensibilité, la confrontation avec d’autres travaux et la reconnaissance des limites renforcent également la confiance accordée à une étude.

Le prestige scientifique ou institutionnel constitue un indice utile, mais jamais une garantie suffisante. Une étude publiée par une institution reconnue peut comporter des limites importantes. À l’inverse, une source moins reconnue ne doit pas être écartée uniquement en raison de son origine si elle présente une méthode pertinente, transparente et vérifiable.

Le corpus doit remplir plusieurs fonctions complémentaires. Il peut comprendre des travaux produisant des résultats originaux, des synthèses permettant de situer l’état des connaissances, des comparaisons internationales, des approches méthodologiques différentes et des critiques sérieuses. Son équilibre ne repose pas sur un nombre identique de sources favorables et défavorables à une conclusion, mais sur la représentation des principaux résultats et désaccords réellement présents dans la littérature disponible.

TGTT tient également compte de l’indépendance des sources. Plusieurs publications provenant des mêmes auteurs ou utilisant les mêmes données, le même modèle ou la même estimation initiale sont considérées comme une seule famille de recherche. Leur convergence peut être informative, mais elle ne possède pas la même force qu’une confirmation obtenue indépendamment.

À ce stade, le corpus reste provisoire. L’intégration définitive d’une source suppose que son texte complet soit accessible et qu’il puisse être lu intégralement par un membre de l’équipe. La lecture peut conduire à confirmer sa sélection, à modifier le rôle qui lui était initialement attribué ou à l’écarter si son contenu ne correspond pas à ce qu’annonçaient son titre ou son résumé.

Certaines sources peuvent ainsi être exclues parce qu’elles répondent mal à la question, répètent un travail déjà retenu, reposent sur des données ou des méthodes trop opaques, ou ne permettent pas de distinguer clairement les résultats observés des interprétations de leurs auteurs. TGTT conserve une trace des principales exclusions lorsqu’elles pourraient influencer la compréhension du corpus ou de ses limites.

La taille du corpus n’est pas fixée à l’avance. La recherche peut être arrêtée lorsque les principales approches pertinentes sont représentées, que les références majeures identifiées dans la littérature ont été examinées, que les résultats contradictoires sérieux ont été recherchés et que l’ajout de nouvelles sources ne modifie plus sensiblement la compréhension du sujet.

Cette clôture reste réversible. Le corpus peut être rouvert si une étude majeure a été oubliée, si une nouvelle donnée modifie substantiellement l’état des connaissances, si une contradiction importante apparaît ou si une conclusion ne peut finalement pas être reliée à une preuve suffisamment solide.

IV — Lire intégralement et documenter chaque source

Chaque source intégrée au corpus est lue dans son intégralité par au moins un membre de l’équipe TGTT. Cette lecture ne se limite pas au résumé, à la conclusion ou aux passages contenant les chiffres recherchés. Elle porte également sur la méthode, les données utilisées, les hypothèses, les définitions et les limites présentées par les auteurs.

Pendant la lecture, les informations importantes sont consignées avec leur emplacement précis dans le document. Les résultats chiffrés restent associés à leur unité, leur période, la population étudiée, la zone géographique, la méthode employée et, lorsqu’il s’agit d’une projection, au scénario dont ils sont issus. Un chiffre sorti de ces conditions peut facilement changer de sens.

Une fiche de lecture structurée est ensuite produite pour chaque source. Elle présente notamment :

  • les auteurs, l’institution, la date et le contexte de publication ;
  • la question étudiée et le périmètre retenu ;
  • les données, la méthode et les principales hypothèses ;
  • les résultats centraux et leurs variantes ;
  • les mécanismes proposés pour les expliquer ;
  • les limites reconnues par les auteurs ou identifiées par TGTT ;
  • les éventuels financements, intérêts ou positionnements utiles pour comprendre la source ;
  • les passages, tableaux ou figures permettant de retrouver chaque information importante.

TGTT distingue systématiquement plusieurs niveaux de discours. Un résultat produit par l’étude n’est pas la même chose que l’interprétation proposée par ses auteurs, leur recommandation politique ou un résultat provenant d’un autre travail qu’ils citent. Les remarques et hypothèses formulées par l’équipe TGTT sont également conservées séparément.

Pour chaque résultat important, la fiche précise ce que la source permet raisonnablement d’affirmer, mais aussi ce qu’elle ne permet pas de conclure. Une absence de résultat ne signifie pas qu’un phénomène n’existe pas. De même, une relation observée entre deux éléments ne suffit pas toujours à démontrer que l’un provoque l’autre.

Lorsqu’une source est publiée dans une autre langue, les passages utilisés sont traduits aussi directement que possible, en conservant le texte original afin de pouvoir vérifier la fidélité de la traduction.

Avant d’être utilisée dans la synthèse, chaque fiche fait enfin l’objet d’un contrôle à partir du document original. Les résultats centraux, les nuances et les limites sont vérifiés une nouvelle fois dans les passages correspondants.

Cette étape peut conduire à corriger la fiche, à réduire le niveau de confiance accordé à la source, à modifier son rôle dans le corpus ou, si elle s’avère hors sujet ou impossible à vérifier, à l’exclure.

V — Réaliser l’analyse transversale du corpus

Une fois les sources lues et leurs fiches vérifiées, TGTT cesse de les étudier séparément. L’analyse transversale consiste à croiser l’ensemble du corpus pour déterminer ce que les travaux permettent collectivement de comprendre.

Cette analyse est organisée par grandes questions, appelées axes, et non par source. Chaque axe peut correspondre à une dimension de la problématique, à un résultat important, à un mécanisme explicatif ou à un désaccord majeur. Les différentes sources utiles sont alors mobilisées ensemble, qu’elles convergent, se complètent ou aboutissent à des conclusions différentes.

Avant de comparer deux résultats, TGTT vérifie qu’ils portent réellement sur le même objet. Leur population, leur période, leur territoire, leur indicateur, leur méthode et leur horizon temporel sont systématiquement pris en compte. Une observation décrivant une situation présente et un modèle projetant une évolution future peuvent ainsi être complémentaires plutôt que contradictoires.

Lorsqu’un désaccord existe, l’analyse cherche à en déterminer l’origine. Il peut provenir des données utilisées, des définitions, du périmètre étudié, des hypothèses, du modèle choisi ou du scénario envisagé. TGTT distingue également les résultats directement produits par une source des interprétations et recommandations formulées par ses auteurs.

La comparaison ne fonctionne pas comme un vote. Plusieurs publications issues de la même famille de recherche ne constituent pas autant de confirmations indépendantes. TGTT tient donc compte du nombre réel de méthodes, de données et d’équipes indépendantes soutenant une conclusion, ainsi que de la solidité de chacune.

L’analyse transversale sert aussi à identifier les mécanismes pouvant expliquer les résultats, les ordres de grandeur qui résistent aux changements de méthode, les chiffres plus incertains, les limites communes aux études et les questions laissées sans réponse. Une absence de contradiction ne suffit pas à produire une certitude, et un désaccord non résolu ne doit pas être masqué.

Les arbitrages, les incertitudes et les points non établis sont conservés dans le document de travail. Cette progression évite de produire directement une conclusion générale sans avoir auparavant examiné chaque dimension importante du sujet.

Si l’analyse révèle une étude majeure oubliée, une contradiction de qualité comparable ou supérieure, une incohérence de vérification ou une affirmation impossible à documenter, le corpus peut être partiellement rouvert. Cette réouverture reste ciblée et doit répondre au problème identifié.

Le résultat de cette étape est une analyse transversale définitive et validée, accompagnée d’une cartographie des convergences, des divergences, des mécanismes et des limites. Elle constitue la base à partir de laquelle les conclusions générales seront formulées. Les fiches de preuve ne sont construites qu’après la validation de ces conclusions.

VI — Formuler les conclusions générales

À partir de l’analyse transversale validée, TGTT formule les conclusions générales du travail. Cette étape consiste à réduire et à hiérarchiser les résultats déjà établis, sans ajouter de nouvelle information ni chercher de nouvelles preuves.

Les conclusions doivent répondre directement à la question principale et aux sous-questions définies lors du cadrage. Elles sont classées selon leur importance : d’abord la réponse centrale, puis les résultats nécessaires pour la comprendre, les mécanismes qui peuvent l’expliquer et les conditions qui en limitent la portée.

Chaque conclusion précise son périmètre et le niveau de confiance que TGTT lui accorde. Ce niveau dépend notamment de la qualité des méthodes et des données, de la convergence entre des recherches réellement indépendantes, de la stabilité du résultat lorsque les hypothèses changent et de la présence éventuelle de contradictions sérieuses.

TGTT distingue également la direction générale d’un résultat de son ampleur exacte. Le corpus peut, par exemple, permettre d’établir qu’un effet est plutôt positif, négatif ou limité sans fournir un chiffre unique et précisément applicable à toutes les périodes. La confiance accordée au sens d’un résultat peut donc être plus élevée que celle accordée à son estimation exacte.

Les conclusions sont formulées de manière proportionnée à la solidité des connaissances disponibles. TGTT distingue notamment :

  • ce qui est solidement établi dans le corpus ;
  • ce qui apparaît probable, mais reste sensible aux méthodes ou aux hypothèses ;
  • ce qui demeure incertain ;
  • ce que le corpus ne permet pas d’établir.

Une affirmation non établie dans le corpus n’est pas automatiquement fausse. De même, l’absence de contradiction identifiée ne suffit pas à transformer une conclusion en certitude universelle. Lorsqu’un désaccord important ne peut pas être résolu, il est conservé dans les conclusions plutôt que remplacé par une réponse artificiellement tranchée.

Le document distingue également les limites qui réduisent la précision d’une conclusion de celles qui pourraient réellement en modifier le sens. Une population imparfaitement couverte, une donnée ancienne ou un faible nombre de recherches indépendantes doivent être signalés, sans affirmer automatiquement que ces lacunes invalident l’ensemble des résultats.

Les conclusions issues du corpus restent enfin séparées des analyses politiques, morales ou éditoriales propres à TGTT. Lorsqu’un avis est exprimé, il est présenté explicitement comme une position de TGTT et non comme une conclusion produite par les sources.

Le résultat de cette étape est un document présentant les conclusions principales, les points qui restent non établis et le niveau général de solidité de la réponse. Une fois ces conclusions validées, TGTT peut déterminer précisément quelles preuves devront être réunies pour les documenter.

VII — Documenter les conclusions avec des fiches de preuve

Une fois les conclusions générales formulées, TGTT retourne aux sources originales pour documenter précisément chacune d’entre elles. L’objectif est de vérifier que chaque affirmation retenue repose sur des éléments suffisamment solides, correctement interprétés et faciles à retrouver.

Nous appelons « preuve » un élément du corpus qui soutient, nuance ou limite une affirmation. Il peut s’agir d’un résultat statistique, d’une comparaison, d’une observation, d’une estimation ou encore d’une projection. Ce terme ne désigne donc pas une certitude absolue, mais un élément documenté permettant d’évaluer la solidité d’une conclusion.

Chaque fiche de preuve est organisée autour d’une affirmation précise, et non autour d’une source. Une même affirmation peut être soutenue par plusieurs études. Inversement, une même étude peut fournir plusieurs preuves utilisées dans différentes parties de la synthèse.

Pour chaque preuve, nous renseignons notamment :

  • la source et ses auteurs ;
  • la page, la section, le tableau ou la figure où elle apparaît ;
  • le résultat exact et son unité ;
  • la population, le territoire et la période étudiés ;
  • la méthode employée ;
  • les hypothèses ou scénarios retenus ;
  • la nature du résultat : observation, estimation, simulation ou projection ;
  • les principales limites nécessaires à son interprétation.

La preuve est toujours replacée dans son contexte. Un chiffre obtenu pour une population, une période ou un scénario particulier ne peut pas être présenté comme une conclusion générale sans justification. Nous distinguons également la direction d’un résultat — par exemple un effet positif ou négatif — de son ampleur exacte, qui peut être plus sensible aux choix méthodologiques.

Les fiches signalent les résultats convergents, mais aussi les contradictions, les tests de sensibilité et le degré d’indépendance des sources qui soutiennent une conclusion. Plusieurs publications issues d’une même lignée de recherche ne sont donc pas automatiquement considérées comme autant de confirmations indépendantes.

Chaque fiche précise enfin ce que les éléments réunis permettent d’affirmer, mais aussi ce qu’ils ne permettent pas d’affirmer. Lorsqu’une conclusion ne peut pas être correctement documentée, elle doit être reformulée, affaiblie ou supprimée. L’absence de preuve suffisante dans le corpus signifie alors que l’affirmation n’est pas établie par notre travail, et non qu’elle est nécessairement fausse.

Les fiches de preuve forment ainsi le lien vérifiable entre les conclusions générales, les formulations de la synthèse et les sources originales.

VIII — Rédiger la synthèse générale

La synthèse générale transforme le travail scientifique réalisé en amont en un document compréhensible par un lecteur non spécialiste. Elle ne consiste pas à résumer successivement chaque source, mais à répondre de manière structurée à la question de départ.

Son organisation suit donc le raisonnement nécessaire à la compréhension du sujet : présenter les principales conclusions, expliquer les mécanismes qui les sous-tendent, rendre compte des éventuels désaccords et préciser les limites du corpus. Une étude n’occupe pas davantage de place simplement parce qu’elle est longue ou prestigieuse. L’importance accordée à chaque résultat dépend de sa pertinence et de sa solidité.

Vulgariser suppose de simplifier la forme sans déformer le fond. Les termes techniques indispensables sont définis, les indicateurs sont expliqués et les transitions rendent le raisonnement accessible à une personne découvrant entièrement le sujet. En revanche, une condition, une incertitude ou une limite nécessaire à la bonne interprétation d’un résultat ne doit pas disparaître au nom de la simplicité.

Chaque affirmation importante doit pouvoir être reliée à une ou plusieurs fiches de preuve, puis retrouvée dans les sources originales. Lorsqu’un chiffre est utilisé, son unité, sa période, la population concernée et les principales conditions de son calcul doivent rester identifiables. Une estimation, une projection ou une corrélation ne peut pas être présentée comme un fait directement observé ou comme une relation de cause à effet.

La synthèse ne donne pas artificiellement le même poids à toutes les positions. Les résultats les mieux établis occupent une place centrale, tandis que les résultats plus fragiles, minoritaires ou dépendants d’hypothèses particulières sont présentés comme tels. Les travaux contradictoires ne sont toutefois pas écartés : ils sont examinés et replacés dans le niveau de confiance que permet leur méthode.

TGTT conserve une liberté éditoriale dans le choix de l’angle, de l’ordre des explications, des exemples et du ton employé. Nous pouvons également exprimer notre propre analyse, à condition de l’identifier clairement comme provenant de TGTT et de ne pas la confondre avec les conclusions du corpus.

La rédaction reste enfin un processus de vérification. Si elle révèle qu’une conclusion est trop large, qu’une transition repose sur une affirmation non démontrée ou qu’un chiffre manque de contexte, nous revenons aux étapes précédentes pour corriger le raisonnement.

La synthèse générale devient ainsi le document de référence du sujet. Les formats plus courts et plus accessibles produits ensuite par TGTT en sont directement issus : ils peuvent sélectionner et simplifier ses conclusions, mais ne doivent pas en modifier le sens.

IX — Vérifier, publier et mettre à jour le travail

Avant toute publication, TGTT réalise une dernière vérification de l’ensemble du travail. Il ne s’agit plus d’ajouter de nouvelles conclusions, mais de contrôler la cohérence de toute la chaîne allant de la question initiale jusqu’aux formats destinés au public.

Nous vérifions notamment que :

  • chaque conclusion répond bien à la question étudiée ;
  • chaque affirmation importante repose sur une fiche de preuve ;
  • chaque preuve peut être retrouvée dans une source originale ;
  • les chiffres conservent leur unité, leur période et leur contexte ;
  • les désaccords et les limites significatives ne sont pas dissimulés ;
  • les analyses propres à TGTT restent clairement distinguées des résultats du corpus ;
  • les formats courts ne déforment pas le sens de la synthèse générale.

Ce contrôle s’effectue également à partir des sources originales. Les fiches intermédiaires facilitent le travail, mais elles ne remplacent jamais une nouvelle consultation de l’étude lorsqu’une formulation, un chiffre ou une interprétation soulève un doute.

Pour chaque sujet, TGTT publie la synthèse générale, la liste et la présentation des sources du corpus ainsi que les références nécessaires pour retrouver les documents originaux. La date de publication et, le cas échéant, celle de la dernière mise à jour sont indiquées afin que le lecteur puisse situer le travail dans le temps.

Une synthèse reste liée aux connaissances disponibles au moment de sa réalisation. La publication d’une nouvelle étude majeure, la découverte d’une source importante oubliée ou le signalement d’une erreur peuvent donc conduire à rouvrir le travail. Une remarque extérieure n’est pas intégrée automatiquement : elle est d’abord vérifiée en revenant aux sources et aux étapes concernées.

Lorsqu’une correction modifie substantiellement un chiffre, un raisonnement ou une conclusion, TGTT l’indique clairement. Une conclusion peut ainsi être précisée, affaiblie ou révisée si les éléments disponibles le justifient.

Reconnaître une erreur ou faire évoluer une conclusion ne constitue pas un échec de la méthode, mais son fonctionnement normal.

Enfin, cette méthodologie elle-même n’est pas figée. Elle s’est affinée grâce à notre premier sujet pilote et continuera d’évoluer au fil des sujets traités. Ces évolutions doivent améliorer la rigueur, la transparence ou la compréhension du travail, sans modifier rétrospectivement les règles d’un sujet pour favoriser une conclusion particulière.

Conclusion — Ce que cette méthode cherche à garantir

Cette méthode ne garantit ni l’infaillibilité de TGTT ni une exhaustivité absolue. Aucun corpus ne peut supprimer toutes les incertitudes, et tout travail de synthèse implique des choix. Notre responsabilité consiste à rendre ces choix explicites, à les justifier et à permettre leur vérification.

L’objectif est de nous rapprocher autant que possible d’une compréhension complète du sujet : rechercher les études majeures, prendre au sérieux les résultats contradictoires, lire intégralement les sources retenues et distinguer ce qui est solidement établi de ce qui reste incertain.

Le lecteur n’est donc pas invité à faire confiance à TGTT sur parole. Il doit pouvoir comprendre d’où viennent nos conclusions, sur quelles preuves elles reposent, quelles sont leurs limites et comment retrouver les sources originales.

TGTT ne cherche pas à supprimer le débat politique ni à imposer une opinion au nom de la science. Notre ambition est de mieux délimiter ce que les connaissances disponibles permettent d’affirmer, afin que les désaccords puissent ensuite porter sur des faits plus clairement établis.